LA CONTRIBUTION DE L’OR VERT À L’ÉCONOMIE

 LA CONTRIBUTION DE L’OR VERT À L’ÉCONOMIE

Au moment où se prépare intensément le premier salon virtuel PSAO (Produits et Services inspirés de l’Afrique et l’Outre-Mer), l’on est fondé de questionner l’impact de l’agriculture dans la marche de l’Afrique et des Caraïbes vers la modernité. Ce rendez-vous intervient dans un contexte dominé par une agriculture dont tout le monde voit bien qu’elle joue un rôle prépondérant dans la vie quotidienne des habitants des deux régions, en dépit des difficultés auxquelles font face les agriculteurs de ces entités.

Malgré l’urbanisation rapide, les activités liées à l’agriculture en Afrique concernent 60 % de la population active, 17 % de la totalité du PIB (Produit Intérieur Brut) et 40% des recettes en devises étrangères. Les Africains cultivent des produits destinés à l’exportation. C’est le cas du café, du cacao, de l’huile de palme, du coton ou de l’hévéa, pour n’évoquer que ces quelques exemples. Outre ces cultures destinées à l’exportation, le continent noir excelle dans les cultures dites vivrières ou familiales. Le riz, le manioc, le sorgho, l’igname et nombre d’autres cultures maraîchères constituent ces principales cultures qui nourrissent, tant bien que mal, l’ensemble du continent. Dans l’Amérique latine et les Caraïbes (LAC), le secteur agricole joue un rôle vital dans la production alimentaire et les services écosystémiques non seulement pour la région mais pour l’ensemble de la planète. Aujourd’hui, des millions d’éleveurs et d’agriculteurs à travers la région luttent pour venir à bout des impacts de la crise sanitaire mondiale, du ralentissement de l’économie, de chocs climatiques sans précédent, et d’une crise migratoire d’ampleur. L’agriculture  représentant entre 5 et 18% du PIB dans 20 pays de la région LAC, et une part encore plus importante lorsque l’on considère des contributions plus larges à tous les systèmes alimentaires.

LES DÉFIS

Un rapport paru en novembre 2020, sur  «Paysage alimentaires à venir: pour une nouvelle agriculture en Amérique latine et dans les Caraïbes », met en avant 20 solutions qui pourraient aider à libérer le vaste potentiel des systèmes agricoles et alimentaires régionaux. Parmi ces solutions, les mesures visant à moderniser l’infrastructure logistique agricole (notamment les technologies de l’information et de la communication), à améliorer les compétences des employés des systèmes agricoles et alimentaires, à rendre climato-intelligent ces systèmes agricoles et alimentaires et à étendre les marchés financiers dans les zones rurales. Considérée par certains experts comme le grenier du monde entier, l’Afrique fait cependant face à un problème criard de pauvreté. De ce point de vue, il existe des données chiffrées qui sont de nature à rappeler que les Africains sont loin d’être sortis de l’auberge. 257 millions d’Africains souffrent de la faim. En Afrique, des centaines de millions de personnes présentent de graves carences. 75 millions d’adultes sont obèses et 10 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en surpoids. Ces chiffres sont symptomatiques des problèmes de l’agriculture en Afrique qui nécessitent une réelle modernisation. Malgré les richesses dont la nature a doté le continent africain, les Africains souffrent de malnutrition. L’agriculture en Afrique doit donc radicalement changer de modèle et de paradigme. C’est le prix à payer pour refaire le grand retard qui est le sien. Aussi longtemps que les agriculteurs africains feront face à un problème d’eau, l’irrigation de leurs plantations continuera d’être le chemin de croix des seigneurs de la terre qui sont à la croisée des chemins. Le premier salon virtuel des produits PSAO (Produits et Services inspirés de l’Afrique et de l’Outre-Mer), prévu les 17 et 18 décembre prochains, a des chances d’être le premier chemin de Damas des agriculteurs africains qui ont un trésor à l’humanité. L’objectif visé par les organisateurs de ce salon est de faire comprendre aux Africains qu’ils doivent cesser d’être comme des cordonniers qui sont toujours mal chaussés. Et c’est déjà cela de gagné.

Cyrille Kemmegne

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